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Interview d’Adrien et son accordéon | Partie 1

Interview d’Adrien et son accordéon | Partie 1

Je vous propose une interview d’Adrien dont vous avez peut-être lu les péripéties qu’il a vécu avec son ami Julien et leur mascotte Froggy : Tour du monde de Froggy

Etant donné qu’il s’agit d’une interview assez longue, j’ai scindé en deux parties, vous pouvez trouver la fin de l’interview dans cet article.

Il s’agit d’un voyageur qui a un peu le même état d’esprit qu’Antoine que j’avais interviewé voila plusieurs semaines et je vous conseille d’aller faire un tour sur son site, ça permet de remettre les choses en perspectives et de se détacher du style habituel de voyage !

 

Bonjour Adrien, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 25 ans, et après un apprentissage ingénieur en génie industriel, j’ai décidé de partir faire le tour du monde.

Je suis fils d’agriculteur en Bourgogne proche du Creusot, et avant cette grande aventure j’avais très peu voyager, ma famille et mes amis ne voyagent pas.

 

Pourrais-tu présenter ton projet ?
En route vers Perth

En route vers Perth

Je suis parti en mai 2010 en stop en essayant de dormir le plus souvent chez l’habitant. J’aime rester plusieurs semaines en compagnie des locaux en aidant des associations ou en travaillant dans les fermes (concept du Woofing).

Un voyage sans rencontre n’a selon moi aucun intérêt et l’autostop est le meilleur outil de faire des rencontres

Désormais je voyage avec mon accordéon, ce qui me permet de faire encore plus de rencontre et de gagne ma vie ainsi je peux rentrer en France quand je veux.

Avec 8000 euros d’économie, je pensais partir 2 ans maximum mais après 20 mois de voyage j’ai encore 8000 euros.


Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à te lancer dans l’aventure ?

Je n’avais pas envie de rentrer dans le moule : ingénieur-femme-achat maison-enfants… De plus, en 50 ans la société a changé tellement vite et mal que je refusais de vivre dans un monde aussi matérialiste basé sur la réussite financière.

 

Serais-tu parti si tu étais tout seul ? Être à deux est-il très important pour toi ?

Oui, car j’aime aller au bout de tout les projets dans lesquels je me lance.

Cependant avant de partir, je n avais jamais fais de stop et voyager uniquement dans des pays europeen avec un budget consequent pour payer hotel, bus,

J’ai voyagé 20 mois avec Julien, désormais je voyage seul.

 

Être seul a parfois ses inconvénients mais ensuite le stop est plus facile et les rencontres sont beaucoup plus nombreuses.

Le voyage en solitaire est plus éprouvant mais plus enrichissant.

 

Quels sont les pays qui t’ont le plus marqué ?

La Papouasie Nouvelle Guinée.

En 20 jours, j’ai été accueilli 20 fois.

Les gens vivent sans argent mais sont capables de se nourrir et de construire leur maison eux-mêmes. Les Papous sont les gens les plus hospitaliers du monde, les plus libres et les pus heureux.

Voyage en Papouasie Nouvelle Guinée

La Papouasie Nouvelle Guinée

Plus proche de la France, j’ai beaucoup aime la Slovénie, un pays qui aime la nature et également très hospitalier.

Bien évidemment, l’Inde ne peut pas laisser indifférent mais je ne pourrais pas décider de vivre dans un pays si sale, si bruyant avec tant de misère.


As-tu connu des « hauts » et des « bas » ?

Bien sur mais c’est ce  qui fait la richesse du voyage.

En décidant de voyager avec rien ou presque, seul, loin de la famille, on fait à la fois de merveilleuses rencontres mais parfois on se sent terriblement seul et en manque de confort.

Cependant si j étais parti avec ma famille et un bon budget, je n’aurais peut être pas eu de période de dépression mais le voyage n’aurait pas été aussi enrichissant.

Le voyage m’a notamment permis d’observer ce que l’être humain a oublié de voir. Il oublie de voir les signes du destin, de s’intéresser a la spiritualité et se contente de vivre dans le confort matériel.

Travail dans une ONG

Travail dans une ONG


Voyager au long cours en mode backpacker t’as t-il fait réaliser que tu avais des préjugés ?

Je ne me considère pas comme un backpacker car je dors rarement dans les backpacker et même quand j’étais en Asie ou j ‘vais le budget, je refusais d aller dans ces backpackers. Rencontrer des français, allemands, américains… au Cambodge par exemple ne m’intéresse pas.

En refusant  de dormir avec les backpackers, je suis obligé de discuter avec les gens pour me faire inviter.

De plus, je n’aime pas vraiment utiliser le site Couchsurfing dans les pays peu développés car quelqu’un qui possède internet ne représente pas la population locale.

 

Je voyage sans LonelyPlanet. Mes rencontres sont mes guides de voyage.

 

Backpacker Adrien et son accordéon

Adrien et son accordéon

Je suis plutôt un vagabond et passe mes journées dans la rue a jouer de l’accordéon pour gagner ma vie mais également faire de nombreuses rencontres. Parfois l’une des rencontres m’invite chez elle sinon je dors dehors comme un SDF mais par choix car l’accordéon me permet de gagner suffisamment pour payer le backpacker.

Quand je ne joue pas de l accordéon, j utilise le wiki des bibliothèques ou des McDos pour écrire des articles pour le blog, lire des livres concernant la permacultures ou la spiritualité.

Entre 2 villes, je pars en stop sans réel objectif si ce n’est de rencontrer les locaux tout en voyant du pays.

 

Avant de partir, j’avais bien sur des préjugés car j’avais plus ou moins confiance aux médias.

Je pensais qu’il était impossible de gagner sa vie grâce a la musique dans la rue, impossible de se faire inviter si souvent par les habitants, de voyager avec moins de 8 euros par jour dans des pays comme l’Australie. Je pensais aussi que les Papous vivaient a poil dans les arbres, qu’il valait mieux paraître sale pour visiter les bidonvilles en Inde (on s’est pris plein de remarque car nos t-shirt n’étaient pas super propres). Avec la crise, on me disait aussi que ce serait impossible de trouver des sponsors.

Le mieux est de découvrir soi-même et de ne pas se fier qu’aux reportages. De plus, il ne faut pas écouter les français trop souvent pessimistes et peureux pour se lancer dans l’inconnu.

 

 

J’espère que ce début d’interview vous aura inspiré. La suite dans quelques jours !

 

 

4 Comments

  1. Au début les Froggies m’ont beaucoup inspirés, quand ils voyageaient à deux et la partie Asie, mais maintenant je trouve qu’ils, enfin surtout Adrien puisqu’il écrit la plupart des articles je crois (j’aimerais bien savoir où en est Julien d’ailleurs), mettent trop l’accent sur le côté financier de leur voyage, dans les articles ça tourne autour de :

    – On est des vagabonds on à besoin de rien, pas de guide, pas d’argent, la société c’est trop nul.
    – J’avais 8000€ au début je les ai toujours 2ans après, pas besoin de bosser, je peux mourir de vieillesse en voyageant.
    – Les autres voyageurs je veux pas les voir, les couchsurfing ça m’intéresse pas, je veux du LOCAL, du VRAI, de la rue, manger dans les poubelles et je fais un gros doigt à tous les autres pigeons…

    Bref je suis de loin maintenant, je n’ai pas la même vision du voyage, au début j’étais d’accord avec le fait de dépenser peu pour voyager plus longtemps ça parait logique, mais c’est un moyen pas une fin, pas un truc que j’idéalise, et bien sûr rencontrer des gens ou aider une ONG, c’est important et enrichissant mais ça n’empêche pas d’avoir des activités, de visiter des monuments, des sites touristiques (oui touristique c’est pas un gros mot!) ayant marqué l’histoire du monde, de faire un peu la fête, de faire de la plongée ou profiter d’être en Australie pour faire un saut en parachute au dessus de la barrière de Corail (cher mais souvenir impérissable), bref de dépenser un peu d’argent pour se faire plaisir quoi!
    Des fois je me dis qu’il en chie et qu’on dirait qu’il trouve cet exutoire pour justifier ça, j’espère me tromper…Et on verra comment se passera la suite du voyage et le retour, bien je lui souhaite!

  2. 3615 my life : Un interview qui m’a fait penser à moi, même parcours au niveau des études et 20 mois de voyages aussi :D.

    Hormis ce fait, je trouve l’interview très authentique, la plupart des voyageurs qui parcourt le monde ne verront que les sites touristiques et pas les locaux. Les rencontres changent des vies et au final chacun va visiter le même pays à sa façon mais la seule différence sont les rencontres.

    J’attend la suite de l’interview avec impatience!

  3. Je dis qu’une chose c’est respect. Il n’y en à peu qui pourrait faire ce que tu fais et j’avoue que j’admire beaucoup. Une telle volonté, une telle autonomie, un tel courage, c’est vraiment très frais en soit. Peu de gens serait apte à réaliser ce que tu fais à l’heure actuelle.

    Je te rejoins sur plusieurs points dont notamment le fait que les Français soient pessimistes. Depuis que je voyage, j’évite le communauté française aussi qui est parfois un peu trop sectaire lorsqu’elle voyage et c’est malheureux.

    Mais définitivement j’admire vraiment ce que tu fais et je te dis chapeau bas. Tu en as du courage

  4. hehe oui les Français ont pas une super réputation faut dire. Tout le milieu touristique sait que c’est les plus « chialeux » comme on dit chez nous…mais bon, ils ont d’autres qualités..
    Entrevue vraiment intéressante, c’est tout un mode de vie ce voyage, ou cette vie? Je ne sais pas si c’est encore un voyage au final. Il a dû apprendre énormément sur lui même, avant tout et sur les gens. Pour ma part, je ne crois pas que je serai capable de faire ce type de voyage/vagabondage et j’admire ceux qui le font. Ne pas avoir de but concret me déprimerait trop!

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