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Faut-il donner aux mendiants en voyage ?

Faut-il donner aux mendiants en voyage ?

Aujourd’hui, j’aimerais aborder avec vous un thème récurrent en voyage : la pauvreté et la mendicité. Pour peu que vous soyez déja allé dans un pays pauvre ou en développement, vous avez forcément eu quelqu’un qui vous a demandé de l’argent. Du coup, c’est toujours le même problème : faut-il donner aux mendiants en voyage ? si oui, pourquoi ? si non, quelles sont les raisons qui font que je ne devrais pas partager ma chance avec ceux qui n’en ont pas ?

Avant d’aborder la réflexion à proprement dire, j’aimerais évoquer les techniques employées. Ces techniques pour soutirer de l’argent aux touristes sont toujours plus ingénieuses et peuvent facilement marcher si on n’est pas averti. Je vais vous raconter un petit florilège de techniques dont j’ai été le cobaye mais qui furent infructueuses.

 

Des techniques toujours plus poussées…

A Lalibela (une ville en Ethiopie dont j’aurais l’occasion de parler dans un futur article), je me suis levé tot le matin afin d’assister au lever de soleil sur l’église Saint Georges. Je traverse donc une bonne partie de la ville, il n’y a quasiment pas un occidental dans les rues (déja qu’il y en a presque pas en Ethiopie !) mais beaucoup de gens qui vont prier quand soudain un groupe d’adolescents me rejoignent et discutent avec moi en anglais. D’où je viens, pourquoi je suis en Ethiopie, etc. Je suis agréablement surpris car ils parlent plutot bien l’anglais et on arrive à aborder des thèmes assez intéressants.

Après avoir vu le lever de soleil, ils me racontent qu’ils adorent jouer au foot mais qu’ils ont crevé leur ballon il n’y a pas si longtemps et ils me demandent si je pourrais leur en payer un. Je me dis pourquoi pas, ça ne mange pas de pain et ça peut leur permettre de s’amuser… Ils m’amènent donc à un marchand qui veut me faire entrer dans son échope (qui est dans une rue assez sombre) et là je commence à tilter… Donc je refuse et je lui demande de me montrer le ballon de foot à l’extérieur. A force d’insister j’obtiens gain de cause, il me montre le ballon qui est un modèle basique et m’annonce le prix qui était d’une quinzaine d’euros (en monnaie locale bien sur) !! C’est là qu’on voit clairement que toute cette histoire c’était du flan pour mieux me soutirer des sous. J’ai refusé et je suis parti sans avoir d’encombres.

 

Il faut avouer que la technique de la main sur le coeur avec un côté émotionnel ça marche souvent sur des touristes peu expérimentés qui vont croire à l’histoire et sortir le portemonnaie. Dans le même genre j’ai eu droit au gosse qui voulait que je lui achète un livre pour apprendre l’anglais et qui voulait m’amener à la boutique qui le vend.

La conclusion qu’on peut tirer de cette anecdote est que cela empêche les enfants d’aller à l’école (bon dans mon exemple j’ai cru comprendre que c’était la période des vacances scolaires mais cela reste valable pour de nombreux cas). De plus, ce sont les enfants qui mendient mais ils n’en tireront aucun bénéfice, l’argent revient directement aux adultes qui vont en faire un revenu et donc exploiter les enfants.

 

Pourquoi il ne faudrait pas donner ?

Cela peut avoir des effets pervers : le fait de donner peut inciter les habitants à toujours plus harceler les touristes qui vont en être lassés et ne vont plus venir visiter ces endroits avec une baisse des revenus liés au tourisme à la clé.

Comme j’en parle sur l’article sur le marchandage cela introduit un décalage dans la population locale. Pourquoi travailler quand il est plus facile de gagner sa vie en soutirant de l’argent aux touristes ? Du coup, cela n’incite pas la population à essayer de sortir de la misère par ses propres moyens. Comme dit le proverbe, « donnez un poisson à un pauvre et il mangera un jour, apprenez lui à pêcher et il mangera toute sa vie », si vous voulez aider la population locale, donnez plutot à des ONG que vous aurez soigneusement choisies (elles ne sont pas toutes mauvaises !) et qui permettra aux habitants de s’en sortir par le biais d’initiatives.

Donner nous rend complice de ce système : les parents vont pousser les enfants à continuer à mendier, à affronter des touristes qui ne sont pas toujours très généreux et gentils, à risquer d’avoir des problèmes avec la police, à ne pas beaucoup dormir, à avoir des cicatrices psychologiques qui vont rester à vie. Bref tout ce qu’on ne voudrait pas qu’un enfant vive…

 

La théorie c’est bien beau mais en pratique…

Après ce n’est pas toujours facile de résister à la tentation, c’est humain. Ca m’arrive de craquer quand je vois une femme avec son bébé dans les bras en train de dormir (encore une ficelle pour soutirer des sous). Le problème est qu’ils font appel à votre empathie et à vos émotions et c’est dur de résister surtout avec les enfants…

De plus, il faut se rappeler que très peu de pays ont un système pour aider les gens (et oui, quoi qu’on dise on n’est pas du tout à plaindre en France !). Les gens doivent se débrouiller par eux-même. Imaginez la France sans la sécurité sociale, sans les allocations chomages, sans les aides, etc. Pas facile, hein ?!

 

Un bon compromis peut être de promouvoir le voyage responsable, c’est à dire essayer de rétribuer dans une juste mesure la population locale et non des intermédiaires. Cela passe par exemple par dormir chez l’habitant et non pas à l’hotel ou encore par acheter de l’artisanat local chez les artisans, etc.

 

Et vous, avez-vous déja vécu un moment fort de ce type ? Comment réagissez-vous habituellement ? Avez-vous un commentaire à ajouter ?

 

 

16 Comments

  1. Très bonne question que tu poses là Julien.
    Pour ma part c’est très dur d’y répondre par oui ou par non. Je dirais que je donne de l’argent selon le feeling. Par mon expérience en voyage je commence à connaitre pas mal de petites ficelles utilisés par les gens pour soutirer de l’argent au touristes. En tout cas je donne que lorsque j’en ressens la nécessité et que je ne me sens pas « arnaqué » par une pseudo mendicité organisé.
    Sinon par rapport à Ethiopie et ce qui t’es arrivé, j’ai vécu une chose quasi-similaire au Maroc. J’étais à Fès, je suis d’origine Tunisienne. J’ai rencontré un Canadien et un Autrichien. Lorsque l’on était ensemble, il ne se passait pas une minute sans que l’on soit interpellé pour nous demander de l’argent ou nous proposer des pseudos services de guides. Lorsque j’étais seul, personne ne m’interpellais. Comme quoi des fois être un peu typé peu vous aider.
    Une chose importante à faire, si vous donner de l’argent à un mendiant, ne le faites pas trop de manière ostentatoires sinon cela risquera d’attirer des vautours et vous aurez encore lus de gens qui vous demanderont de l’argent. Et puis il faut éviter de se balader avec les beaux vêtements, le bel appareil photo visible, la belle montre, les belles lunettes, sinon vous passerez pour un riche et vous serez carrément harcelé…
    Enfin, un petit point important à mes yeux: La mendicité n’est pas la propriété exclusive des pays pauvres ou en voie de développement. Il suffit de regarder autour de soit et vous verrez des dizaines de mendiants dans les pays riches. J’ai vécu un an et 2 mois entre les USA et le Canada et j’ai été choqué de voir le nombre de mendiants dans les rues de certaines villes. J’ai d’ailleurs croisés plus de mendiants à Houston au Texas qu’au Mexique… J’hallucinais

    • Je suis entièrement d’accord avec toi, pas besoin d’aller loin pour voir des sdf (et il y en a de plus en plus malheureusement). Toutefois, ce n’était pas l’objet du débat, j’aurais du préciser que je parlais surtout du décalage entre le voyageur et l’habitant local qui est très pauvre.

      Ensuite c’est clair que si on veut donner un peu faut rester discret pour éviter de confirmer l’image qu’on est un ATM sur patte !

  2. Bonjour,

    Je pense qu’effectivement on donnera de l’argent au feeling. Vivant à Bangkok j’ai pu constater qu’ici les mendiants étaient majoritairement soit des aveugles jouant de la musique ou chantant dans la rue, soit de grands brulés, des amputés, des petites mamies hors d’âge, mais jamais des Thaïlandais aptes physiquement à travailler. D’ailleurs le taux de chômage est inférieur à 1%, ceci expliquant cela!
    D’autre part ces mendiants ont toujours une hygiène irréprochable et restent correctement habillés! Je parle de la majorité, il y a toujours des exceptions. Tiens d’ailleurs une de ces exceptions est un Suisse Allemand amputé d’une jambe… Il est dans le même quartier de Bangkok depuis des années, très certainement sans visa valide, la police le connait mais le laisse tranquille…!
    Par contre dans le Nord de la Thaïlande, il y a beaucoup d’enfants travaillant la nuit pour vendre de bar en bar de l’artisanat, des colliers de jasmin… Au début j’étais contre le fait de leur acheter quoique ce soit pensant qu’il feraient mieux d’être couchés pour être en forme pour aller à l’école! J’en voulais à leurs parents. Puis un ami thaï m’a expliqué que c’était des enfants venant de tribu Karen, Hmong… tolérés en Thaïlande au vu de la persécution qu’ils devraient subir dans leurs régions d’origine (Laos, Birmanie). Donc ces petits boulots étaient cruciaux pour aider à faire vivre leurs familles.
    De plus je partagerai la réflexion de Tunimaal, je rencontre moins de mendicité en Thaïlande que je n’en croisais en France, que ce soit à Paris ou en province!
    Voilà mes réflexions sur la mendicité vue du Pays du Sourire 😉

    Laurent

  3. J’ai voyagé pas mal en Afrique et je pense que la mendicité est surtout présente dans les grandes villes. Alors qu’à Nairobi, des enfants me tendent la main pour « avoir leur monnaie », à Kayole, ils me la tendent pour me dire bonjour.

    J’essaye de ne pas donner d’argent, mais impossible, je succombe souvent quand un mendiant me dit d’un air sincère qu’il a faim. Je pense que ce qui a de mieux à faire, c’est de donner de temps en temps de la nourriture. Quelques biscuits, une banane, un paquet de cacahuètes, …

    Pour ce qui est du voyage responsable ou du volontariat, ça reste la meilleur solution si on veut vraiment filer un coup de main aux locaux. Je suis d’ailleurs en train de bosser pour un orphelinat à Nairobi.

  4. Perso j’applique la politique du rien sauf si je connais la personne. J’ai pas envie de donner à des organisations « mafieuses »

    Je préfère l’idée de consommer local ce qui aide bien plus les populations en évitant de les faire tomber dans la facilité de la mendicité

    • Je suis entièrement d’accord avec toi, comme je dis dans l’article, l’argent qu’on donne va rarement dans la poche de celui qui en a besoin !
      Le tourisme responsable est à mon avis une bonne solution.

  5. Effectivement, grosse distinction entre la théorie et la pratique. La mendicité infantile est un fléau et on ne devrait pas l’encourager car elle entretient le système d’exploitation des enfants (qui, comme chacun sait, peut aller très loin avec l’amputation d’enfants…). Mais nous ne sommes pas que des êtres rationnels et effectivement, parfois, au cas par cas, on peut céder

  6. Lors de mon voyage récent en Inde, j’aurais voulu donner mais on m’a dit: «la meilleure charité c’est celle de la nourriture». À y penser, c’est effectivement quelque chose que j’ai estimé juste: offrir des bonbons parfois plus souvent offrir des pâtisseries ou autre chose, accompagner quelqu’un au restaurant etc… Même ici je me suis rendu compte que je l’avais déjà fait et que j’avais invité un SDF dans une crêperie. On m’a regardé bizarrement, mais je payais, donc finalement pas de soucis…Offrir parfois un sandwich, c’est difficile: il y a l’envie, en France du moins, de vouloir s’acheter ce que l’on veut pour manger, garder cette dignité. Et je le comprends. En Asie c’est autre chose. On est plus certain que la nourriture soit offerte à la personne et non que l’argent soit redonné plus loin, plus haut en fin de journée.

    • Salut nashtags,

      En effet payer à manger est un bon moyen de controler où va l’argent tout en aidant vraiment la personne qui en a besoin !

    • Tout d’abord, très bon article, vraiment ! Tu poses une question dont la réponse n’est pas évidente. Personnellement, je ne donne jamais d’argent directement mais toujours à des associations (et comme tu le soulignes, il y en a des bonnes qui n’attendent que ça.).
      Ensuite l’argent appelant l’argent, en donnant on fait entrer les gens dans un cercle vicieux (pourquoi travailler quand on peut mettre nos enfants dans la rue à extorquer de l’argent aux touristes ??). Quel mal au coeur d’arriver dans les petits villages, et quelque soit le pays pauvre, de voir les gamins vous acceuillir la main tendue en criant (pen, pen, money, money…). Quel horreur de voir (selon moi) des groupes de touristes arriver par paquet, sans aucune notion de la mendicité et qui donnent de l’argent par paquet (j’ai meme vu un touriste donner un billet de 10 euros à un gamin,le pauvre qu’allait-il en faire, et le monsieur d’en rigoler de le voir tout interrogatif avec ce billet en main) ou qui donnent des bonbons (c’est pourquoi je me permets de réagir à ton post Nashtags), ce n’est pas non plus une solution, quand on voit les enfants avec les dents déja pourris à l’age de 5 ans…

      Pour moi l’effet pervers de tout cela est le risque de voir la mendicité changé en commerce, comme j’ai pu le voir avec les femmes girafes dans le nord de la Thaïlande ou j’ai vu un « zoo » avec d’un coté ces pauvres femmes exploitées avec un regard vide entourée de gamins juste là pour amadouer le touriste et de l’autre des gros américains tout bien endimanchés à balancé des dollars et des bonbons aux gamins. Franchement à vomir !!!

      Non pour moi la bonne façon de donner, c’est de donner de l’argent aux associations et donner de la main à la main uniquement de la nourriture, du matériel, et seulement par parcimonie, et s’il y a vraiment besoin d’une aide… mais ce n’est que mon avis

      Et il est vrai que la mendicité est mondial, commençons donc par aider le clochard en bas de chez nous… ;))

  7. Ce système me rappelle le Maroc où les gamins t’accompagnent à travers les rues de la médina, te font la causette, te parlent de tout et de rien, et une fois à la porte du riad, te demandent une pièce sous prétexte qu’ils t’ont empêché de te perdre…alors que tu n’as rien demandé au départ. Certains nous insultaient pour ne rien leur avoir donné !
    Comme tu le dis, leur donner une pièce, aussi petite soit la somme pour nous, c’est encourager ce genre de pratique, et la non-scolarisation des enfants qui auront plus à gagner à trainer auprès des touristes.
    Comme tu le dis, c’est le même problème que se pose avec le marchandage, nous occidentaux, avons mauvaises conscience car nous discutons pour des clopinettes… mais ne pas le faire entretient un décalage entre le population qui vit du tourisme et celle qui n’a pas cette chance…

  8. Ce sujet est franchement délicat. La mendicité dans les pays pauvre est différente de celle de notre pays, parce qu’un pays pauvre nous ramène aussi à l’idée que les gens meurent de faim, vivent dans la rue, n’ont plus de famille, et que même s’ils ont ça, nous imaginons leur vie dans la misère sans confort. Une amie partie en Egypte m’a raconté que là bas les enfants pour attirer les touristes demandent leur nationalité et chantent dans la langue du touriste des chansons enfantines. Bien sûr en échange ils attendent des pièces! Moi j’ai donné en Haïti à des adultes. Les premiers étaient des esclaves qui vivaient dans le sous sol des propriétaires de notre hebergement. Nous leur avons donné notre dernière monnaie. Les seconds étaient à l’aéroport, ils nous ont porté nos bagages sans que l’on est le temps de réagir, et ont ensuite menacé de ne rien nous rendre si nous ne leur donnions pas de pièce. Voilà mes petites anecdotes. Pour les premiers je suis heureuse de leur avoir donné, pour les seconds j’aurai préféré éviter car effectivement cela les incite à continuer et ne vivre que comme ça! Sachant que là bas les gens vivent avec l’équivalent d’1 euro par jour. Moi aussi je préfère donner aux associations.

    • Un classique le coup des bagagistes et c’est clair que juste avant de prendre l’avion on n’a pas forcément envie de jouer les héros !

      Pour les « esclaves » dans le sous-sol des propriétaires, j’aurais surement fait pareil, c’est quand même scandaleux comme situation ! Ils sont exploités par les proprios ? Vous vous en êtes aperçus comment ?

  9. Salut Julien!

    C’est un bon article et tu as raison d’en parler. Les enfants, lorsqu’ils mendient, se retrouvent dans un cercle vicieux qui nuit à leur développement. En fait, cette situation me donne l’impression que leur économie repose sur un seul domaine (la mendicité) alors que ce qui fait la force des économies développées, c’est la diversité de ses secteurs économiques.

    Bref, je suis d’accord avec toi, il faut continuer à sensibiliser les voyageurs! Et je suis heureuse d’avoir vu à Cusco (Pérou) une affiche du gouvernement où il était inscrit une phrase du genre: Ne donnez pas aux enfants, cela les encourage à ne pas aller à l’école.

    • Oui les mentalités commencent à évoluer, on peut espérer que dans quelques années la plupart des touristes seront responsables.

      Et je suis entièrement d’accord avec toi, l’économie d’un pays doit être diversifié. Reposer entièrement sur le tourisme n’est pas forcément une bonne chose, il suffit de voir l’Egypte qui a vu ses revenus s’écrouler après la révolution car les touristes ne viennent plus…

  10. En voila une reflexion interessante. J’ai justement eu une discussion interessante avec un indien qui travaillait entre autre pour le temple Thai a Bodhgaya dans lequel nous avons dormi. Celui ci nous expliquait qu’il ne faut surtout pas leur donner de l’argent parce que c’est les inciter a considerer ce systeme comme de l’argent facile.

    Ils considerent ces semblables comme des flemmards qui au lieu de reellement se bouger a trouver un vrai boulot vont se contenter de recolter cet argent en jouant sur le cote emotionnel qui effectivement marche la plupart du temps, comme tu dis c’est humain et pour moi tout simplement impossible de ne rien faire parfois… meme si c’est un peu egoistement pour me dire « tiens j’ai fais une bonne action aujourd’hui » tout en sachant pertinemment que c’est de l’argent « gachee » car cela n’ameliorera en rien le futur de la personne en question sur du long terme…

    Le meilleur exemple reste ces ados qui trainaient pres du temple principal a Bodhgaya, ils etaient a l’ecart dans un coin ou presque personne ne va, nous curieux on s’engouffre et les jeunes commencent a venir nous parler en nous expliquant ce qu’est cet endroit a l’abandon. Ils demandent rien, pas d’argent mais finissent par nous inciter a les suivre dans un orphelinat qu’ils disent aider comme ils peuvent en amenant les touristes.

    J’etais sincerement sur mes gardes mais on decida de les suivre. Apres avoir traverse un village on arrive enfin dans un batiment, et en effet il y a bien un orphelinat avec une banderole sur l’entree. Les enfants puis le pretre qui s’occupe des lieux nous accueille, dans un premier temps les enfants nous avaient dit qu’ils aiment bien que les etrangers leur apprennent un peu l’Anglais, pour ma part je leur fit une petite lecon de geographie en leur expliquant d’ou nous venions (j’habite en Thailande)

    Arrive un moment ou il faut passer a la caisse… alors que le pretre explique que la location coute tant par mois (un chiffre qui nous parait excessif) et la bouffe etc… je me doute que ca coute normalement de l’argent alors je donne du mieux que je peux sur le moment c’est a dire pas grand chose parce que nous voyageons vraiment sur du petit budget, et la le pretre avait l’air franchement un peu blase en insinuant que je pourrais donner plus, je lui tends la main il voudrait mon bras ? non, un don est un don et jamais une personne comme telle ne devrait reclamer plus, ca m’a mis la puce a l’oreille sur le moment.

    Et en parlant de ca avec le gars dont je parlais au debut et meme avec les Thais qui s’occupent du temple, personne n’a jamais entendu parle de cet orphelinat…

    Je trouve ca terrible de jouer sur cette corde sensible car cela a un effet plus que pervers et malsain. Par la suite j’aurais en tout cas quasiment plus donner d’argent a qui que ce soit tellement j’etais blase…

    Au final la meilleur demarche peut effectivement etre de donner a des ONG si on a le temps de s’y deplacer…

    Bon c’etait un peu long mais c’est vrai que c’est un sujet interessant.

    PS: Desole pour les accents manquant, clavier qwerty oblige…

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